Le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, a annoncé le nombre de sans-papiers qui seront régularisés. Le «chiffre exact» et «final», selon le ministre, est de 6 924 régularisations.

«C’est le chiffre final puisque, maintenant, la circulaire est terminée, nous en revenons à la procédure dite normale» a précisé le ministre, dans une interview diffusée, lundi 18 septembre, sur France 2.

L’opération de régularisation d’immigrés clandestins ayant des enfants scolarisés en France, avait été lancée par la circulaire du 13 juin. Les demandes devaient être déposées en préfecture avant le 13 août, au total 33 538 dossiers avaient été enregistrés.

Ces régularisations, sur fond de polémique, avec notamment l’expulsion du squat de Cachan, vont donner lieu à l’attribution de 6 924 cartes de séjour d’une durée d’un an. Ces régularisations étant établies sur la base de six critères, dont notamment la scolarisation d’un enfant depuis septembre 2005. Mais que se passera-t-il dans un an?

Controverse

L’annonce de ces régularisations a fait naître une nouvelle controverse quant à la méthode du ministre de l’Intérieur au sujet des sans-papiers. Nicolas Sarkozy avait en effet estimé, au mois d’août, qu’il y aurait environ «6 000 régularisations sur 30 000 dossiers».

Après l’annonce d’un chiffre définitif proche de ses estimations, il s’est défendu d’être «devin», mettant en avant «une extrapolation faite quand on avait déjà 15 000 dossiers».

Pour certaines associations d’aide aux sans-papiers, la similitude entre le nombre de régularisations et l’estimation du mois d’août n’est pas due au hasard.

Ce texte a été «un grand mensonge» et «ce ne sont pas les familles qui rentraient le mieux dans ces critères qui ont été régularisées, ce sont celles qui se sont présentées le plus vite», a affirmé Brigitte Wieser, porte-parole du Réseau éducation sans frontières (RESF).

Ségolène Royal a, quant à elle, accusé Nicolas Sarkozy de «mensonge public». «C’est une mauvaise action, ce n’est pas crédible», a ajouté la présidente de la région Poitou-Charentes, marquant ainsi une différence claire avec le probable candidat de l’UMP aux présidentielles de mai 2007.

Quand au MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), il a demandé une commission d’enquête parlementaire, car pour lui «tout porte à craindre que l’arbitraire a prévalu».